2011 : L'année économique viande bovine. Perspectives 2012

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Dossier Economie de l'élevage - N° 420


Depuis 2008, nous sommes englués dans la crise, sans en voir la sortie. C'est d'abord une crise des revenus pour les exploitations bovins viande en France. C'est plus généralement une crise financière privée qui s'est muée en crise économique, et désormais en crise de la dette et de la zone euro. Pas facile de prendre de la hauteur dans ces circonstances !

2011 : L'année économique viande bovine. Perspectives 2012

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Et pourtant, les prix du bœuf dans le monde sont au plus haut depuis mi-2010. Les prix européens et français en ont pris le sillage tardivement. À l’analyse, l’explication est bien sûr la faim de bœuf qui a saisi les pays émergents. Eux aussi ont subi la crise fin 2008. Mais ils s’en sont vite remis, retrouvant une forte croissance dès 2010... Les dernières prévisions publiées par la Banque Mondiale le 24 janvier 2012 envisagent cependant un ralentissement de la croissance de la demande de ces pays en 2012, mais léger… sauf si une ou plusieurs économies majeures (Italie, Espagne…) de la zone euro venaient à faire défaut. En revanche, même sans accident de ce type, les prévisions de croissance pour l’UE sont très médiocres (-0,3 % en 2012).

En 2011, la consommation de viande bovine a subi partout en Europe les effets de la crise économique, particulièrement au deuxième semestre. Elle a reculé en moyenne de 2% dans l’UE, parfois beaucoup plus (-7% en Italie) et de 1% en France. Partout, ce sont les pièces les plus chères qui ont été délaissées au profit du haché ou des morceaux à braiser ou à bouillir. Comme en 2008-2009, c’est le retour aux achats économes et au "fait maison". Cependant, les prix des autres protéines animales ont eux aussi été élevés, ce qui a limité les transferts.

En 2011, la production de viande en France a été particulièrement forte, surtout au premier semestre. Du coup, avec une consommation morose, la France (comme l’UE) est redevenue en 2011 exportatrice nette pour la première fois depuis 2003. Mais cette production a été surtout nourrie par beaucoup de réformes de femelles. Cela s’est traduit par une décapitalisation, une première depuis sept ans pour le cheptel de vaches allaitantes qui a reculé de 2,4% d’un mois de décembre à l’autre. Cette décapitalisation n’est pas propre à la France : elle a touché en 2011 tous les pays qui ont un cheptel allaitant significatif, l’Espagne, le Royaume-Uni, l’Irlande, l’Allemagne, la Belgique… Il faut y voir les effets de la sécheresse, qui a sévi au printemps 2011 dans la plupart des pays de l’Ouest européen. Alors que les éleveurs allaitants avaient leurs trésoreries dégradées par quatre ans de crise, il fallait faire face à des achats de fourrage supplémentaires… au moment où les cours des céréales et des oléagineux étaient à nouveau au plus haut depuis l’été 2010. Les coûts de production ont en effet dépassé leur précédent record dès avril 2011 : l’IPAMPA viande bovine est resté continûment à très haut niveau depuis lors.

La rentabilité des grandes cultures et du lait paraît à beaucoup davantage porteuse, ce qui encourage le désengagement des exploitations mixtes de la production de viande bovine. La réforme de la PAC vient se greffer là-dessus, avec toutes les incertitudes sur le budget global, mais aussi sur l’harmonisation des DPU, les primes couplées et les aides du deuxième pilier (ICHN et la PHAE). Tout particulièrement, parmi les propositions de la Commission européenne, le projet de sanctuarisation des prairies permanentes dans le cadre du verdissement obligatoire ne constitue pas un signal positif.  Pourtant, face aux aléas climatiques et économiques toujours plus fréquents, il est fondamental de sécuriser les systèmes bovins viande. En France, cela passe aussi par une plus grande autonomie fourragère, donc par des systèmes qui ne soient pas contraints au "tout prairies permanentes". L’introduction de rotations incluant des cultures d’herbe productive est préconisée partout dans le monde afin de maîtriser les coûts de production et de mieux respecter l’environnement. Il serait paradoxal que l’UE prenne le chemin inverse !

La démographie des éleveurs de bovins viande français, avec de nombreux départs en retraite attendus ces 5-10 prochaines années, incite à repenser l’avenir, pour des systèmes à la fois durables, viables et vivables. Dans une "industrie lourde" comme l’est la filière viande bovine, on ne peut pas garder le nez dans le guidon, même en période de crise : il faut voir loin ! Voir loin dans le temps, en progressant dans la recherche des systèmes d’avenir plus sécurisés, dans la définition de politiques à long terme (la prochaine PAC sera définie pour la période 2014-2020) et des moyens à mettre en place. Voir loin dans l’espace aussi : a-t-on le choix quand la demande de viande bovine paraît bien plus dynamique hors des frontières de l’Europe si on en croit les prospectives FAO à l’horizon 2020 ?

Informations complémentaires

N° Technipel 1956
Auteur principal Non
Edition Institut de l'Elevage
Nombre de pages 88 Pages
Format A4
ISBN Non
Nature de produit Livres techniques